jeudi 22 septembre 2016

Pour la beauté du geste (feuilleton électrique) par Jimmy Jimi # 122


122. SAD SONG [LOU REED]

   Le bon gros peuple ne s'émut pas davantage que de raison. Il bazarda ses quarante vinyles pour s'acheter quarante CD, comme on change sa vieille bagnole (avec, de surcroît, l'impression d'être monté en gamme). On peut aisément comprendre car, vous l'avez sans doute déjà remarqué, les malheureux qui n'ont que très peu de disques, n'en  possèdent souvent que de mauvais ! La passion naît rarement sur le fumier ou dans la vase... Dans leur tour (généralement très design), on retrouve immanquablement les mêmes noms affreux, qui sonnent telles des injures aux délicates aux oreilles des véritables fans de musique, mais, surtout, un fort pourcentage de Best of et autres Greatest hits, puisque ces gens pressés et manquant sans doute de place (attention, on ne s'étouffe pas de rire) ne désirent que le meilleur ! Vous me trouvez peut-être sévère, mais j'ai connu de ces individus qui n'étaient pas tendres non plus. A la maison, notre salon est depuis toujours envahi de vinyles, cassettes, CD, DVD, livres et magasines. Un soir, Mary invita une copine danseuse et son mari à dîner. Le bougre inspecta scrupuleusement nos étagères avec des yeux de flic et le constat fut sans appel : « C'est bien la peine, déclara-t-il d'une voix de rogomme, d'entasser tout ça pour ne même pas avoir un seul disque de Jean-Jacques Goldman ! » Voilà (entre autres délices) pourquoi ces gens se contentent d'une si pauvre discothèque, ils pensent sincèrement (ça n'excuse pas tout) que l'univers entier de la chanson française (pour rester dans le sujet) tient serré dans une compilation de Goldman (avec le gros autocollant « nice price » bien en évidence), achetée à la va vite dans un vulgaire supermarché entre le kilo de tomates et la bouteille de rosée... 

   Les compagnons ne sont pas toujours à mettre en cause, il existe aussi des danseuses sourdes comme un vieux pot troué...  Adrien n'avait jamais monté de groupe avec ses amis d'enfance, il ne s'était donc jamais fait voler ses chansons par aucun monstre. Il n'avait pas perdu la plus belle fille du monde, non plus. Pourtant, il était infiniment plus malheureux que moi. Il s'était simplement trompé de partenaire... Avant l'arrivée du couple, Mary m'avait confié : « Marlène est une fille sublime, très sexy, mais, malgré son excellente technique, il lui manque un petit quelque chose pour devenir une vraie grande et belle danseuse. » Pour cette triste demoiselle, la musique n'était qu'un prétexte à la danse, voilà le « petit quelque chose » qui l'empêchait de s'épanouir totalement... Pendant que les filles s'entretenaient de leur prochain spectacle, Adrien déversa amicalement sa détresse au creux de mon oreille. Quelques mois seulement après leur mariage, la cruelle lui avait demandé de descendre ses chers vinyles au sous-sol (en la compagnie dégradante de tout un bric à brac parfaitement inutile, mais qu'on n'ose pas jeter), lesquels empestaient soit-disant le tabac et l'adolescent solitaire. Un trimestre plus tard, désignant les étagères de CD, elle lui avoua que lorsqu'elle invitait des copines, elle avait honte de tout cet argent gaspillé. On croit cauchemarder.

   Sans chercher bien loin, on peut toujours trouver plus à plaindre que soi. Je vous le confirme, ça ne console en rien, et ça n'empêche pas les coups de folie...



      

mardi 20 septembre 2016

THE BEATLES ~ Live At The Hollywood Bowl [1964-65] [1977/2016]


Pognon oblige, le business tarde rarement à dégainer. Pourtant, le premier live officiel des Beatles ne paraîtra qu'en 1977 pour contrer un projet germanique (et sera réédité (après un léger nettoyage et l'ajout d'une poignée de titres bonus), il y a quelques jours seulement). Capitol (le label ricain des "Fab Four"), souhaitant capitaliser sur le succès grandissant des garçons, tenta le coup par deux fois en enregistrant les concerts de 64 puis de 65 à l'Hollywood Bowl, mais les Beatles, toujours soucieux de qualité, n'étaient pas franchement convaincus. De fait, il faut se souvenir qu'à l'époque les retours de scène étaient quasi inexistants, et que nos amis ne s'entendaient ni jouer ni chanter à cause de quelques milliers de nubiles qui hurlaient hystériquement jusqu'à s'expédier dans les vapes (certains comparèrent l'effet à un décollage de Boeing) ! La chronologie n'est toujours pas respectée, mais on prend toujours autant de plaisir à écouter ces très jeunes rockers tenter de combattre courageusement les éléments.
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos commentaires !)     

    
01 - Twist & Shout
02 - She's A Woman
03 - Dizzy Miss Lizzy
04 - Ticket To Ride
05 - Can't Buy Me Love
06 - Things We Said Today
07 - Roll Over Beethoven
08 - Boys
09 - Hard Day's Night
10 - Help!
11 - All My Loving
12 - She Loves You
13 - Long Tall Sally
14 - You Can't Do That
15 - I Want To Hold Your Hand
16 - Everybody's Trying To Be My Baby
17 - Baby's In Black


jeudi 15 septembre 2016

Pour la beauté du geste (feuilleton électrique) par Jimmy Jimi # 121


121. CHANGES [DAVID BOWIE]

   Ah, les ignobles, les vils faquins, les noms d'oiseaux ! Ils profitèrent lâchement que je me morfondais au fond de mon trou malodorant pour remplacer toutes nos magnifiques pochettes cartonnées par de ridicules machins en plastoc moche ! La tête me tourna, le sol se déroba sous mes pieds et des cheveux blancs me poussèrent prématurément... Et ce sont les mêmes goujats profiteurs qui, aujourd'hui, pleurent et se lamentent en maudissant Internet et le téléchargement illégal. Et quoi, la toiture du château est déjà à refaire, le marbre de la piscine à remplacer ?

   Il faut réexpliquer pour les jeunes générations. A l'époque, la fabrication de leur fichu compact disc (ça, pour être compact – autant collectionner des timbres !) coûtait à peu près deux fois moins chère que celle d'un vinyle, mais ils n'hésitèrent pas à nous fourguer leur camelote pour le double ! Las, ce n'était que le début de l'escroquerie. Après s'être cassé trois ongles pour retirer la cellophane, on se retrouvait trop souvent avec un boîtier endommagé. Ensuite, il fallait investir dans un microscope pour tenter de déchiffrer le livret. Tous ceux qui étaient habitués à fantasmer des heures sur les pochettes n'avaient plus qu'à se trancher les veines avec le disque miroir ! En une poignée de semaines, le plus bel objet du monde devint ringard, et les fans furent transformés en vieillards d'un sale coup de baguette tragique... Les nigauds ne purent s'empêcher de s'extasier devant ce mur du son clinique, mais ceux qui possédaient de vraies oreilles hurlèrent au sacrilège : qu'avait-on fait de la rondeur des graves, du mordant des aigus, et quid de l'alchimie magique des deux réunis ? Ô foutaise et révolution du grand bernique ! Enfin, il faut tout de même être juste, le bidule possédait ses menus avantages : si on en prenait soin, le disque ne s'usait point (fini les crachotis perturbateurs), et l'on pouvait se délecter d'un album entier (parfois même d'un double) sans avoir à changer de face (les dérangés du bulbe pouvaient également écouter deux-cent-cinquante-quatre fois de suite leur chanson favorite sans bouger de leur fauteuil préféré). Nous sommes d'accord, les agréments étaient bien minces comparés aux supplices. Ah, j'allais oublier un autre point positif : une exceptionnelle vague de rééditions qui permit la découverte de moult trésors oubliés. Ledit point, hélas, fut vite contrebalancé : alors que tout le monde rachetait les disques qu'il possédait déjà, les sous vinrent à manquer quand il s'agit d'investir dans de nouveaux artistes... L'industrie mis tout de même plusieurs décennies (il ne m'étonnerait guère qu'elle l'ai fait exprès) avant de nous proposer un son décent. Malheureusement pour les comptes bancaires des escrocs, les amoureux de musique, rincés par d’innombrables campagnes de remasterisation, décidèrent que la vache avait déjà suffisamment donné en lait...

   Le délectable parfum du vinyle neuf venait de disparaître. Le magasin respirait l’hôpital. Je n'aurais pas été surpris de voir les vendeurs portant calot, blouse blanche et gants en latex.

   Pour la toute première fois de ma vie, je sortis d'un magasin de disques les mains vides – et le cœur sale.

   Je résistai longtemps, et sans difficultés, avant de me faire piéger comme tout un chacun. Que les critiques furent élogieuses ou destructrices, j'avais pris de longue date  l'habitude de m'offrir le nouveau Bob Dylan (ne me jugez pas trop sévèrement, je connais des vices bien plus malsains !), jusqu'au jour où son petit dernier ne fut plus disponible qu'en galette miniature. J'ose à peine vous raconter la colère que piqua ma fidèle discothèque (on ne peut parler de bibliothèque, puisque je n'y rangeais que des disques) : elle hurla qu'elle était un meuble sérieux, et non une vulgaire tour à la mode, puis menaça carrément de s’effondrer ! Finalement, elle ne s'écroula que de rire : j'avais omis un tout petit détail : je ne possédais pas de platine adéquate pour écouter mon album ! Je me serais esclaffé de bon cœur et de concert, si j'avais pu imaginer la tendance actuelle chez les bobos, lesquels n'écoutent plus David Bowie (surtout depuis qu'il est parti rejoindre les étoiles) qu'en vinyle et sur du matériel vintage (of course !).  



mardi 13 septembre 2016

SILVAIN VANOT ~ Il Fait Soleil [2002]


Et si, finalement, il était plus osé d'intituler un album Il Fait soleil plutôt que Never mind the bollocks ! Il fait soleil, donc ; pour autant, nous ne sommes pas tout à fait - et c'est heureux - chez la Compagnie Créole ! De mélancoliques nuages peuvent planer ici ou là... C'est un véritable beau disque de folk campagnard (arrangé avec une élégance rare), ce qui n'est pas si fréquent au pays de Jean-Jacques Cabrel. La douce affaire s'ouvre sur le titre homonyme, superbe relecture d'un bijou du magnifique (et un peu trop oublié) Jean-Roger Caussimon pour ne cesser d'enchanter. Je n'ai toujours pas compris comment cet homme parvient à nous plonger dans des rêveries aussi mystérieuses avec des thèmes en apparence si simples. 
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos commentaires !)  

   
01 - Il Fait Soleil
02 - Aurore
03 - Les Roseaux
04 - Plus Je M'Y Perds
05 - J'En Sais Assez (Sur Toi)
06 - Ile De France
07 - Aux Heures Vagabondes
08 - Rame Le Canot
09 - Des Cailloux
10 - Les Fous Des Rues
11 - Tête Vide


jeudi 8 septembre 2016

THE CRAMPS ~ Songs The Lord Taught Us [D.R.] [1980]


Le punk, entre autres joyeusetés, permis l'éclosion de groupes aussi phénoménaux que le Gun Club ou les Cramps, des gars et des filles qui violentaient des machins pourtant déjà bien allumés. Songs the lord taugh us, c'est exactement l'album qu'il faut quand un petit cousin ou des Martiens s'interrogent sur ce que peut être le rock et le roll. A l'époque, un coup d’œil sur la pochette vous débarrassait à jamais des Dire Straits, Foreigner et autres Toto ! (Les fans de ces groupes peuvent m'écrire, j'adore vos messages d'insultes !) Le même coup d’œil vous disait que vous alliez bien vous marrer. Après avoir fouillé les sous-sols de l'Amérique à la recherche des trésors oubliés les plus déjantés, les Cramps reprirent les affaires là où les avaient laissé les obscurs brindezingues des années 50 et 60. Nick Knox frappait sur ses peaux tel un sorcier vaudou, pendant que Poison Ivy et Bryan Gregory écrasait la fuzz et se tiraient la bourre comme dans une rixe au rasoir. Pas de basse pour arrondir les angles. Là-dessus, Lux Interior n'avait plus qu'à poser sa délicieuse voix, sorte de croisement entre un pervers sexuel et un tueur en série; les paroles feraient le reste. Oui, il y avait de quoi s'en payer une belle tranche, mais vous le savez sans doute aussi bien que moi.
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos commentaires !)        


01 - TV Set
02 - Rock On The Moon
03 - Garbageman
04 - I Was A Teenage Werewolf
05 - Sunglasses After Dark
06 - The Mad Daddy
07 - Mystery Plane
08 - Zombie Dance
09 - What's Behind The Mask
10 - Strychnine
11 - I'm Cramped
12 - Tear It Up
13 - Fever
14 - I Was A Teenage Werewolf [With False Start - Original Mix]
15 - Mystery Plane [Original Mix]
16 - Twist And Shout [Bonus]
17 - I'm Cramped [Original Mix]
18 - The Mad Daddy [Original Mix]
MP3 (320 kbps) + artwork


lundi 5 septembre 2016

Pour la beauté du geste (feuilleton électrique) par Jimmy Jimi # 120


120. DANCE ME TO THE END OF LOVE [LEONARD COHEN]

   Dans les coulisses, les autres filles continuaient à « jouer les danseuses » en glissant sur la pointe de leurs mignons petits pieds ou en tourbillonnant avec grâce au milieu des conversations, tandis que ma favorite ressemblait davantage à une sirène qu'on aurait extirpée trop vite des profondeurs de l'océan ou de l'écho de la musique... Elle était le sosie parfait de la petite Anglaise, dont je rêvais avant mon premier séjour à Margate. De la longue et magnifique chevelure auburn aux délicieuses tâches de rousseur, rien ne manquait, pas même l'accent à couper au couteau de Jane Birkin ! (Mary n'était pas une beauté agressive, violente, comme Olympia, elle n'offrait que charme et douceur – et c'est ce dont j'avais le plus besoin.) 

   Oscar me présenta son client, lequel me demanda comment j'avais trouvé le spectacle. Comme je ne pouvais lui avouer que j'étais tombé amoureux de sa fille au moment même où elle avait foulée la scène, je me résolus à répondre quelque chose d'à peu prêt aussi pompeux que : « Je n'ai rien trouvé, j'ai été littéralement absorbé, et le terme spectacle me semble peu flatteur pour décrire la féerie qui vient de se jouer ! » 

   Dans un ancien monde, mon ami Chris se faisait un plaisir de répéter (un peu trop souvent à mon goût) : « Jimmy, il n'est pas beau, mais il plaît aux filles ; c'est sans doute son regard mélancolique, quelque part entre Leonard Cohen et Droopy, elles sont prises d'une irrésistible envie de le consoler ! » Il pouvait bien se moquer, n'empêche que Mary glissa sa main dans la mienne au moment de passer le Pont Saint-Michel et franchir la frontière des deux univers. [Ici, ce sera bien. En relisant ce chapitre, il m'a semblé qu'il manquait quelques phrases, que le lecteur, amateur de romances, pourrait réclamer davantage de détails, mais explique-t-on seulement les miracles ? Je me souviens de quelques mots échangés avec cet air de rien qui, finalement, dit tout ; de deux ou trois sourires – de ceux qu'on souhaiterait mettre sous cloche avant de les poser pour toujours sur la table de nuit ; d'un verre qu'on devait boire ailleurs et qu'on ne boira jamais ; des voitures glissant sur la place sans qu'on entende le bruit des moteurs ; de la couleur de la Seine ; d'un regard à la dérobé ; de la douceur d'une main habituée à exécuter des gestes beaucoup plus compliqués ; du visage d'Olympia qui disparu de ma mémoire comme un corps qui se vide se son sang, de mon cœur se regonflant de vie... Voilà, pour le reste, les curieux n'auront qu'à faire jouer leur imagination...]  

   Ce n'est pas toujours facile d'être le compagnon d'une danseuse (oui, je vais m'autoriser une généralité, ça m'arrange !) : quand ces demoiselles ne sont pas sur scène, elles répètent, et quand elles ne répètent pas, elles entretiennent leur corps. Cela ne laisse guère de place à leurs amoureux, mais quand elles leur en font, ils ont l'impression de baigner dans un halo de lumière surnaturelle. Il me faut également évoquer les jeux érotiques et l'improbable souplesse de ces artistes. Le Kamasutra peut aller se rhabiller ! Les premiers mois, avec Mary, j'eus l'impression pour le moins étrange de faire l'amour en étant scotché au plafond ! C'est une expérience fort intéressante, je vous la recommande, à l'occasion ! 

   Bien sûr, on ne guérit pas d'un si long mal en quelques jours, et des coups de blues, parfois foudroyants, éclataient comme des baudruches gorgées d'un mauvais sang. Alors, ma danseuse se déshabillait de son justaucorps pour enfiler une blouse d'infirmière...

   Puis vint le jour d'un nouveau printemps, superbe dans son costume jaune soleil, avec les oiseaux qui chantent d'inédits couplets, et tout le doux toutim. Mary me donna rendez-vous devant la FNAC où elle désirait s'offrir un livre sur le bûto (c'est une danse japonaise apparut dans les années soixante, bande de rockers ignares !). Le nom du magasin me fit sursauter. Je n'avais pas acheter de disque depuis si longtemps que je ne me souvenais même plus de la pochette du dernier...

                         

vendredi 2 septembre 2016

KHMER ROUGE SURVIVORS ~ They Will Kill You If You Cry [C. 2016]


Cambodge, 17 avril 1975. Les Khmers Rouges entrent dans Phnom Penh. Ils vident la capitale de sa population dans un exode qui fera des milliers de morts. Les opposants politiques sont torturés et assassinés, les moines bouddhistes expulsés de leur monastère, les intellectuels et les citadins envoyés dans les camps de travaux forcés. Le régime de Pol Pot s'acharne à détruire toute forme de culture et de vie familiale au profit d'une vie communautaire idéalisée où toute forme d'individualisme est sévèrement condamnée. Des famines apparaissent, la population meurt de faim. On ne connaîtra jamais l'ampleur du génocide, les chiffres varient de 1 à 2 millions de victimes, soit un quart de la population cambodgienne de l'époque.
Cambodge, début 2016. Ian Brennan, le découvreur de Tinariwen, sillonne le pays avec un couple de micros et un enregistreur numérique. Il recueille les témoignages sonores des musiciens rescapés des camps de travail Khmers Rouges. Han Nai est l'un des deux derniers joueurs de Kann au monde, un instrument taillé dans le bambou. Thuch Savanj, chanteur et guitariste; la chanteuse Chea Sean; Arn Chorn Pond, qui doit la vie à la musique qu'il jouait aux combattants Khmers avant d'être forcé à combattre lui-même; le guitariste aveugle Kong Nai, surnommé le "Ray Charles cambodgien"; le guitariste Soun San; les chanteurs Keut Ran, Rab Ban, Thorn Seyma et Mon Hai; Prom Chantol et sa fille Ouch Savy; le flûtiste Arn Chorn Pond sont les autres témoins de l'âme d'un peuple qu'on a voulu éradiquer à tout jamais. "Ils te tueront si tu pleures."
ZOCALO (Merci d'avance pour vos commentaires !)
P.S. : à l'exception du disco, peut-être (sic !), il ne faut pas craindre la musique, allez-y donc sans peur. Si ça ne rigole pas beaucoup, ça peut quand même vous faire grand bien.
Jimmy JIMI 



01 - Rab Ban, Mon Hai - Phnom Domrey Trom
02 - Soun San - Pjanch Meah
03 - Keut Ran - Aasojet Anet Mai
04 - Rab Ban - Orano
05 - Thuch Savanj - Jivit Rongkroh Proh Songkream
06 - Kong Nai - Kontriev Doeung Kon Mai
07 - Mon Hai - Prolop Phkaypreat
08 - Kong Nai - Kamara Rongkaam
09 - Prom Chantol, Ouch Savy - Ao Sat Sarika
10 - Kong Nai - Boonchnam Kamtkosal
11 - Keut Ran - Pineak Doeulang Knong Soun
12 - Soun San - Phleuv Dail Treuv Deu
13 - Thorn Seyma, Arn Chorn Pond - Bong Euy Sdaap Pkor
14 - Soun San - Preh Kon Euypok
MP3 (320 kbps) + front cover


jeudi 1 septembre 2016

VARIOUS ARTISTS ~ 'Round About Disco (By Zocalo) [H.M.C. 2016]


Cette compilation aurait pu se nommer : Jimmy hates disco. En effet, au gré de quelques remarques perfides, disséminées ça et là, j'ai cru comprendre que Jimmy n'aimait pas cette musique si caractéristique des années 70. Pour être franc avec vous, je ne porte pas non plus ce style dans mon cœur. Aujourd'hui, je vous propose pourtant le premier florilège disco des Bruits Magiques. Tambours, trompettes ! Vous y retrouverez les grands standards emblématiques (pour être branché, on dirait aujourd'hui iconiques) de cette musique surannée : Ma Baker de Boney M., Killing me softly with this song de Roberta Flack, Last night a D.J. saved my life de Indeep, Hot stuff de Donna Summer. J'en passe et des meilleurs. Bien entendu, pour ceux qui ont un peu pris l'habitude de mes compilations, vous vous doutez bien qu'il ne s'agit pas des versions originales et, en effet, ce sont toutes des reprises. Et, bien entendu, ce serait trop facile, aucun de ces morceaux n'est joué dans le style disco. Voici donc la première compile de disco pour ceux qui n'aiment pas le disco!
ZOCALO (Merci d'avance pour vos commentaires !)
P.S. : pour changer de mes paresseux lustucrus, qui me proposent un post chaque fois qu'il leur tombe un œil, j'avais décidé d'engagé Zocalo, un bosseur, un vrai dur au mal, et voilà, qu'au bout de quelques mois, il me propose un hommage au disco ! On ne peut vraiment se fier à personne. En plus, son billet est mensonger, il n'y a pas là uniquement des reprises de titres disco, mais également des titres jadis saccagés par des groupes disco - la nuance est d'importance. Le pire, c'est que je vais me sentir obligé d'écouter cette chose !
Jimmy JIMI

   
01 - MUSICA NADA - I Will Survive [IT]
02 - ERIC GALE – Killing Me Softly With His Song [US]
03 - MILLI VANILLI - Ma Baker [GER]
04 - BARB JUNGR - Don't Let Me Be Misunderstood [UK]
05 - THE PUSSYCAT DOLLS - Hot Stuff (I Want You Back) [US]
06 - ELISABETH KONTAMANOU - Sunny [FR]
07 - ARTURO SANDOVAL - If You Leave Me Now [CU]
08 - CAKE - I Will Survive [US]
09 - MANU DIBANGO - Knock On Wood [CAM]
10 - NILS LANDGREN - Killing Me Softly [SW]
11 - LES VRP - Alexandrie, Alexandra [FR]
12 - CELIA CRUZ - Yo Vivire [CU]
13 - ERIC BURDON AND THE ANIMALS - Don't Let Me Be Misunderstood [UK]
14 - MUSE - Can't Take My Eyes Off You [UK]
15 - ELDISSA - Staying Alive [BR]
16 - ELI GOULART & BANDA DO MATO - Sunny [BR]
17 - THE VAMPS - Kung Fu Fighting [UK]
18 - TOKYO SKA PARADISE ORCHESTRA - Can't Take My Eyes Off Of You [JP]
19 - BODO MOLITOR - Don't Let Me Be Misunderstood [GER]
20 - CHLOE MONS - Hot Stuff [FR]
21 - DESPINA VANDI - Last Night A D.J. Saved My Life [GR]
MP3 (320 kbps) + front cover
No disco with BM276




mercredi 31 août 2016

SLIM CESSNA'S AUTO CLUB ~ The Commandments According To SCAC [2016]


A l'heure où les fous de Dieu repeignent le monde à la Kalachnikov, il est précieux d'entendre des rockers nous rappeler les dix commandements. Je ne suis pas certain d'avoir tout compris aux paroles, mais j'ai retenu qu'il était important de rocker et de roller dans l'allégresse. Pour plus de renseignements, merci de lire le commentaire de notre ami Everett (allez, au boulot, mon garçon !).
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos commentaires !)     



01 - Commandment One
02 - Commandment Two
03 - Commandment Three
04 - Commandment Four
05 - Commandment Five
06 - Commandment Six
07 - Commandment Seven
08 - Commandment Eight
09 - Commandment Nine
10 - Commandment Ten
MP3 (320 kbps) + front cover

lundi 29 août 2016

ANDREA SCHROEDER ~ Void [2016]


En 2012, le monde, qui n'en espérait pas tant, découvrait la magnifique Andrea Schroeder et ses talentueux amis, soit quelque chose comme la petite cousine de Nico accompagnée par les Bad Seeds ou Tindersticks - excusez du peu. Sur le premier album : Blackbird,  la formule manquait encore d'un ou deux ingrédients pour être totalement magique, mais intriguait fortement. En revanche, le suivant : Where the wild oceans end ressemblait à s'y méprendre à ces œuvres qui ne cessent de bouleverser à chaque écoute (c'est l'un des disques que j'ai le plus écouté ces toutes dernières années). Sur ce nouvel album, les compositions semblent peut-être (je l'étrenne à peine) un tantinet moins grandioses, mais il contient suffisamment de charme, d'élégance et de mystère pour me donner envie de le livrer à vos grandes oreilles sans davantage d'hésitations. La rentrée débute de bien belle manière.    
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos commentaires !)


01 - Void
02 - Black Sky
03 - Burden
04 - My Skin Is Like Fire
05 - Kingdom
06 - Little Girl
07 - Creatures
08 - Was Poe Afraid
09 - Drive Me Home
10 - Don't Wake Me
11 - Endless Sea
MP3 (320 kbps) + front cover


vendredi 29 juillet 2016

Bonnes vacances


Après des jours à batailler pour tenter de faire repartir mon vieil ordinateur, voilà que sonne l'heure des vacances. Désolé d'avoir si peu enmusicalisé votre été, j'essayerai de me rattraper à la rentrée. Bonnes vacances à tous et revenez-nous en pleine forme.
Jimmy JIMI


lundi 18 juillet 2016

JOHN LENNON PLASTIC ONO BAND ~ John Lennon Plastic Ono Band [D.R.] [1970]


Pour nombre de fans, dont la vie avait toujours été rythmée par l'extraordinaire musique des Beatles, la séparation des "Fab Four" fut ressentie tel un traumatisme particulièrement violent. Avec le recul des décennies, on peut contempler leur intouchable discographie en appréciant d'avoir échappé aux changements de musiciens, aux albums indignes de la légende et autres menues horreurs que nous affligèrent trop souvent quelques-uns de leurs collègues de l'époque. Et puis, au final, ça faisait plus de chouettes disques à s'offrir. Bien qu'étant arrivé longtemps après la bataille, je me souviens m'être imprégné un beau moment de cette pochette avant d'oser poser la dive galette sur l'électrophone. Pour ce premier album enregistré sous son nom, John Lennon décida d'avancer en rang serré en se faisant uniquement accompagner des fidèles Ringo, Klaus Voorman et Phil Spector, ce dernier proposant une production totalement à l'inverse de ce à quoi il nous avait habitué. Ici, tous les titres sont d'une sublime sobriété. On peut l'écouter un milliard de fois, il ne sait pas lasser.  
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos commentaires !) 
P.S. : désolé pour mon absence, j'ai des soucis avec mon matériel.


    
01 - Mother
02 - Hold On
03 - I Found Out
04 - Working Class Hero
05 - Isolation
06 - Remember
07 - Love
08 - Well Well Well
09 - Look At Me 
10 - God
11 - My Mummy's dead 
Working Class Hero with BM273

lundi 11 juillet 2016

Pour la beauté du geste (feuilleton électrique) par Jimmy Jimi # 119


119. LADY STARDUST [DAVID BOWIE]

   On ne refait pas sa vie, jamais, c'est seulement un pénible baragouin qu'on essaye de fourguer aux frais divorcés et autres sinistrés. On peut tenter d'oublier comme de se frayer un nouveau chemin, mais on traîne toujours son passé tel un encombrant sac rempli de pierres : certaines sont précieuses, alors que d'autres sont juste lourdes. Au contraire, il est possible de retomber amoureux, même au moment où l'on s'y attend le moins, même au moment où l'on ne s'y attend plus, même au moment où l'on ne sait plus très bien à quoi ressemble un moment.

   A l'exception des petites filles et d'une poignée d'esthètes, qui placent leurs émotions dans des sphères particulièrement élevées, la danse ne passionne pas grand monde. On distribuerait gratuitement des billets que ça ne remplirait guère les théâtres. A la gce, le gros public préfère les grasses plaisanteries de comiques qui se prennent pour des humoristes.

   La danse, ce sont des milliards d'heures de travail pour faire oublier l'idée même du travail. La danse, c'est de la poésie sans mot, de la peinture sans palette, de la sculpture sans marbre, de la volupsans sexe... Cinq jeunes et jolies créatures, à peine tues de longs voiles blancs, glissèrent sur la scène avec la légèreté de flocons de neige. En trois gestes et deux envolées, elles nettoyèrent mon cœur et mon cerveau, pendant que je laissais enfin mes oreilles se gaver de musique, après deux années d'abstinence, deux années à boire du jus noir à me le téton moisi du Malin. Les chères petites fées distribuaient de la poussière d'étoiles, comme tant d'autres jettent de la poudre aux yeux, quand ce n'est du vitriol. Elles disparurent bientôt dans un flot de soupirs ambigus. La musique s'absenta aussi en laissant une scène vide et sourde devant le spectateur perplexe. Pendant de longues minutes, une nouvelle déesse claudiqua étrangement sur les dunes du silence, avant que ses petits pieds charmants décident de ne plus toucher le sol pour se noyer dans des vertiges inédits. Les dieux et les diables se sont bien amusés avec moi, ils m'ont beaucoup fait souffrir, et ils m'ont beaucoup fait aimer. Je cherchai ses yeux, son sourire, son parfum sur la scène trop obscure. La musique et les autres danseuses revinrent, mais je ne voyais et n'entendais plus qu'Elle, planant tout là-haut dans la hiérarchie des anges...

   Si on m'avait demandé mon avis, j'aurais certainement choisi de m'évanouir dans le souvenir d'Olympia, mais personne ne se fatigua à m'interroger...

   Quelques décennies plus tard, je racontai mon aventure à un collègue. Nous ne partagions pas tant d'affinités, mais comme il ne pouvait s'empêcher de s'épancher, je me sentis obligé de donner le change. Le garçon me regarda comme s'il allait m'apprendre le prénom de la lune et me dit que si j'avais été tellement ému, c'était surtout parce que j'avais passé trop de temps collé au fond du trou. Il appelait ça l’instinct de survie. Je vais vous livrer un scoop : le monde déborde d'individus qui ne peuvent résister à l'envie de tuer la poésie dès qu'elle se trouve à porté de main ou de bouche. Comment cet abruti qui collectionnait les histoires de fesses foireuses (les histoires comme les fesses !) et n'aurait pu faire la différence entre un entrechat de Sylvie Guillem et une « choré » de Patrick Sébastien aurait-il pu entendre des émotions dont il ne soupçonnait même pas l'existence ?

   
   Si on m'avait demandé mon avis, j'aurais certainement choisi de m'évanouir dans le souvenir d'Olympia, mais personne ne se fatigua à m'interroger. Et la vie coulait donc de nouveau : pour l'heure, rien ne semblait avoir été inventé de mieux. Olympia s'était absentée en me laissant seul au milieu de ce monde étrange.